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COMMUNIQUÉ DE PRESSE du Sénateur

Le 29 juin dernier, la mission flash lancée par Marc Fesneau, ministre de
l’Agriculture, après les intempéries des mois de mai et juin, faisait étape en
Dordogne. Le ministre avait confié à cette mission « l’estimation des dégâts
dans des délais très courts » afin « de dégager des leviers d’adaptation à
court et moyen termes pour être encore plus résilients ».

Le sénateur Mérillou avait accompagné la délégation de la mission flash
dans les visites d’exploitations et avait fortement insisté auprès des
inspecteurs sur l’extrême violence de la tempête du 20 juin qui a conduit à
un bilan catastrophique pour les agriculteurs. Ce bilan appelait des
mesures fortes de soutien de la part de l’Etat.

Hier, M. Fesneau a présenté les « sept recommandations » de la mission
flash « grêle » qu’il allait mettre en œuvre. Pour le sénateur, l’intitulé même
des résultats, des « recommandations », laissait présager des annonces endeçà des attentes. De plus, le ministre ne retient que la grêle de cet épisode
climatique.

La première recommandation propose l’activation de cellules
départementales d’urgence, présidées par les préfets, afin de consolider le
bilan des dégâts et recenser les situations les plus délicates notamment au
plan psychologique en vue d’un soutien et d’un déploiement au niveau
local des outils existants. C’est effectivement nécessaire mais
heureusement que les maires, le SDIS, la chambre d’agriculture, le Conseil
départemental et les acteurs locaux n’ont pas attendu le 3 août pour mettre
en place ces cellules de crise !

Deux recommandations évoquent la mobilisation des acteurs nationaux
pour accompagner les agriculteurs en difficulté, la solidarité nationale
auprès des départements touchés. Elles restent d’ordre général et très
vagues dans leur application.

Deux recommandations sont dans le long terme : le retour sur expérience
de l’efficacité des dispositifs de protection contre la grêle, et la formation
initiale et continue des agriculteurs pour développer la culture de la
gestion du risque en agriculture.

Enfin, deux recommandations évoquent le volet financier, point le plus
attendu de la profession agricole :

– les modalités prévues en cas de reconnaissance de force majeure ou de
circonstances exceptionnelles seront activées dans le cadre de la politique
agricole commune (PAC) et de la réglementation nitrates

– l’abondement de 40 millions d’euros du fonds d’urgence mis en œuvre
lors du gel 2022. A la main des préfets, il a vocation à apporter une réponse
rapide aux situations de grande fragilité dans la limite d’un plafond de 5
000 € par exploitation.

Pour le sénateur, il est évident que ces aides sont largement insuffisantes.
L’évaluation des pertes de cultures pour la Dordogne s’élève à 25 millions
d’euros (12 500 ha à 2000€/ha). On est bien loin du compte avec 40
millions à répartir entre 14 départements impactés. D’autant que
s’ajoutent à ces pertes sur les cultures, des besoins d’aides pour les remises
en culture, l’achat de paille, de fourrage et aliments pour leurs élevages
dans les mois à venir. S’ajoutent encore les besoins d’aides pour la remise
en état des bâtiments avec des surcoûts importants au niveau des toitures
qu’il faut désamianter, des besoins pour le remplacement de matériel, de
véhicules agricoles.
Une des premières exploitations visitées par le sénateur quelques jours
après la tempête a estimé ses pertes de cultures à 400 000 €. Que
représentent 5000 € d’aides en comparaison de ces montants? Quel
message de solidarité le ministre adresse-t-il aux agriculteurs ?
Par ailleurs, qu’en est-il de la reconnaissance du régime de calamité
agricole, qui n’est absolument pas évoquée à ce stade et qui représente
désormais la seule lueur d’espoir pour les sinistrés.
Ces recommandations ne sont pas opérationnelles.
Elles ne répondent pas à l’urgence.
Elles ne répondent pas à la violence de la tempête et à la situation
catastrophique qu’elle a laissée sur son passage.
Elles ne répondent pas à la détresse des agriculteurs, qui attendaient plus
de soutien de la part de l’Etat.
Malheureusement, les annonces du ministre ne sont pas à la hauteur des
drames endurés par certains agriculteurs. Une fois de plus, le monde
agricole aura le sentiment d’être délaissé, déclassé.
Le sénateur ne peut accepter le décalage entre les besoins exprimés à la
mission flash et les propositions dérisoires faites par le ministre. Celui-ci
doit impérativement revoir sa copie dans les plus brefs délais, afin qu’elle
soit à la hauteur des préjudices subis par les exploitations agricoles.
Il attend également une position claire et dans les meilleurs délais sur la
reconnaissance de calamité agricole.